7 leviers pour favoriser une mobilité alternative plus juste au service de la Transition Énergétique en Occitanie – Partie 1/2

Le 3 juin 2019 | 395 vues | Etudes
vélo, modes doux et actifs, pistes cyclables

Notre société s’est entièrement construite autour des déplacements des personnes et des marchandises. C’est pourquoi, la mobilité soulève aujourd’hui des questions sociales, économiques et environnementales, liées à la nécessité d’opérer une transition énergétique. Le scénario Région à Energie Positive (REPOS) vise une baisse de 61 % des consommations d’énergie liée au secteur des transports en 2050. Malgré une conscience écologique de plus en plus forte, cet objectif se heurte à des enjeux sociaux et territoriaux. En effet, la mobilité, en tant que levier d’insertion économique et social, engendre des inégalités. Les tensions sociales récentes ont mis en exergue ces difficultés et ces inégalités face à la mobilité. On observe qu’il existe de fortes disparités territoriales entre des espaces peu denses organisés autour du couple traditionnel « voiture/transports en commun ». De plus, le développement d’offres alternatives et multimodales, dans les milieux les plus denses, intègrent le covoiturage ou les modes actifs.

Passons en revue 7 leviers disponibles pour favoriser ces nouvelles mobilités, inclusives et contribuant à la transition énergétique du territoire de l‘Occitanie.

Encourager le covoiturage quotidien en Occitanie

La dépendance à l’automobile soulève de nombreuses problématiques, à la fois en milieu rural et en milieu urbain : étalement urbain, congestion, ou encore pollution atmosphérique. Le développement du covoiturage peut offrir une solution alternative à la voiture seule – autosolisme – en milieu peu dense. De plus, il permet de réduire les externalités négatives de l’automobile en milieu dense. Pour les déplacements quotidiens, domicile / travail, le covoiturage peine encore à se développer. Pourtant, des initiatives existent sur le territoire régional. En milieu urbain, la pratique du covoiturage quotidien se développe par le biais des plateformes de covoiturage mise en place par les collectivités, à l’image de la plateforme Montpellier Agglomération Covoiturage. En milieu moins dense, on peut citer le projet Rezo Pouce. Ce “Rézo”, à destination des espaces ruraux et périurbains, a pour objectif de développer un dispositif d’autostop organisé basé sur la solidarité et le maillage territorial. Il s’inscrit dans l’émergence d’une mobilité partagée et inclusive, pour des territoires dépourvus d’offre de transports en commun réguliers.

A l’heure actuelle, le système se développe sur une grande partie de la région. Après une forte diffusion dans l’est Tarn-et-garonnais, le dispositif a notamment été adopté par des communes du Parc Naturel Régional des Grands Causses ou situées autour de l’agglomération toulousaine ou montpelliéraine. Des départements entiers, comme l’Hérault ou l’Aude souhaitent également le mettre en place.

2. Développer l’usage et les infrastructures dédiées aux modes actifs

Allons Y à vélo Printemps 2019
https://allonsyavelo.le-pic.org/

Les modes actifs, et notamment le vélo, restent encore marginaux dans les pratiques de déplacement. Par exemple en 2014, les déplacements à l’échelle de Montpellier Méditerranée Métropole étaient effectués pour 3% en Vélo et 29 % à pied selon la DREAL Occitanie dans son édition “Transports en Occitanie, Chiffres clés 2016”. Pourtant, les modes actifs possèdent un fort potentiel de développement sur les trajets inférieurs à 3 km. Ainsi 48 % des déplacements de moins de 3 km sont effectués en vélo ou à pied sur l’agglomération toulousaine selon l’enquête Ménages Déplacements 2013 de Tisséo Collectivités. Le développement de l’usage des modes actifs passe par un changement de comportement. Celui-ci est insufflé par les acteurs du domaine : autorités organisatrices de mobilité, associations, entreprises. A travers des ateliers de sensibilisation, des ateliers de réparation ou des évènements de promotion de la pratique comme « Allons-Y A Vélo » organisés par l’association 2 pieds 2 roues sur l’agglomération toulousaine.

Le développement de la pratique des modes actifs passe également par le déploiement d’infrastructures cyclables, apportant sécurité et confort. Des projets ont émergé en Occitanie pour déployer des Réseaux Express Vélos, portés par le département de la Haute-Garonne ou encore par Tisséo Collectivités. Ces réseaux structurants pourront assurer l’essor de la pratique en corrélation avec le développement des vélos à assistance électriques (VAE). Ils font l’objet d’aide à l’acquisition par la Région, à hauteur de 100 € minimum, et par certaines collectivités, comme Toulouse Métropole.

3. Favoriser l’acquisition de véhicules propres

En 2016, l’Occitanie a enregistré 1504 immatriculations de véhicules particuliers électriques soit une augmentation de + 12% en 2016 par rapport à 2015.

DREAL Occitanie “Transports en Occitanie, chiffres clés 2016”

La transition de véhicules roulant à l’énergie fossile à des véhicules propres ne peut être favorisée sans soutien à l’acquisition de ces mêmes véhicules pour l’ensemble de la population.

L’éco-chèque mobilité développé par la Région Occitanie s’adresse ainsi aux personnes souhaitant acquérir un véhicule électrique ou hybride rechargeable d’occasion. Pour cela, il doit être acheté à compter du 1er janvier 2019, auprès d’un professionnel exerçant son activité professionnelle sur le territoire de la région Occitanie. Le montant de l’aide est de 30 % du coût d’acquisition, plafonnée à 2 000 €, pour une personne physique majeure non imposable.

Ecochèque mobilité de la Région Occitanie
Ecochèque mobilité de la Région Occitanie

Par ailleurs, l’acquisition de véhicules roulant aux autres carburants alternatifs (GNV/bioGNV, hydrogène) pour être en adéquation avec le mix énergétique souhaitable reste un paramètre essentiel de ce levier.

4. Développer les infrastructures de recharges et d’avitaillement

L’accompagnement de l’ensemble de la population vers l’utilisation de véhicules propres nécessite le développement d’infrastructures de recharges et d’avitaillement sur l’ensemble du territoire. Il existe encore aujourd’hui de fortes disparités territoriales. En effet, sur les 378 points de recharges électriques recensés en 2015 sur l’ensemble de la Région, des départements en sont fortement pourvus- 61 en Hérault- alors que d’autres sont délaissés- 2 en Lozère selon la DREAL Occitanie dans l’édition 2016 de ” Transports en Occitanie, Chiffres clés”. Au-delà du déploiement de l’infrastructure électrique, la région accueil de nombreux projets pour développer les infrastructures GNV/bioGNV et hydrogène. Le projet SEVEN s’impose comme le plus ambitieux en matière de GNV en Occitanie avec le développement de 20 stations d’ici 2020. Le déploiement de ces stations sur l’ensemble du territoire régional permettra également de basculer sur du bioGNV, en lien avec des projets de méthanisation locaux. Par exemple, le projet Biométharn, première station agricole à injecter dans le réseau gaz et qui réfléchit actuellement à l’implantation d’une station bioGNV. Pour ce qui est de l’hydrogène, le projet Hyport cherche dans un premier temps à développer l’utilisation de cette ressource pour les besoins internes aux aéroports  de Toulouse Blagnac et Tarbes Lourdes Pyrénées. Par la suite, des réflexions porteront sur l’évolution du projet pour l’alimentation flottes captives d’entreprises ou de taxis. Des solutions existent donc en Occitanie, afin de favoriser une mobilité alternative plus juste au service de la Transition Énergétique. Des alternatives qui favorisent d’un côté un changement de comportements vers une mobilité partagée et active, et de l’autre un basculement vers des carburants issus d’énergies renouvelables. Dans une seconde partie, nous verrons que d’autres leviers existent pour tendre vers une mobilité plus juste : la réduction des déplacements, le développement d’une mobilité inclusive et une vision multimodale et intermodale globale.