7 leviers pour favoriser une mobilité alternative plus juste au service de la Transition Énergétique en Occitanie – Partie 2/2

Le 10 juin 2019 | 310 vues | Etudes
Pôle d'échange Multimodal de Baillargues

 Une mobilité alternative plus juste au service d’une Région à énergie positive, passe par le développement de solutions accessibles à tous. après une première partie, ce deuxième volet propose d’appréhender une mobilité plus juste au regard des dispositifs d’accompagnement favorisant la réduction des déplacements, le développement d’une mobilité inclusive et une vision multimodale et intermodale globale.

5. Réduire les besoins en déplacement

Une mobilité durable plus juste passe aussi par la réduction des déplacements contraints. La mobilité doit être considérée dans sa finalité d’accès aux services et aux activités. Son objectif est alors de limiter les besoins en déplacement en aménageant l’espace et le territoire, et en développant une nouvelle manière de penser le travail et les déplacements pendulaires. Ainsi, le développement de tiers lieux et du télétravail est en plein essor car ils permettent de limiter les déplacements professionnels. L’organisation du temps de travail devient alors plus souple. Un organisme comme Relais d’entreprises permet ainsi de déployer un réseau d’espace de travail à usage flexible afin de limiter les déplacements domicile/travail. Le déploiement de ce type d’initiatives permet de valoriser les externalités positives de la non-mobilité, ce qui est essentiel pour limiter l’impact des transports dans la transition énergétique.

6. Favoriser la mobilité des personnes les plus fragiles

Prendre en compte les inégalités en matière de mobilité et travailler à une mobilité plus juste, renvoie également à s’intéresser à la mobilité des personnes les plus fragiles. Les personnes à mobilité réduites (PMR) souffrent en premier des conséquences des inégalités territoriales. Tendre vers une mobilité inclusive pour tous est essentiel. Par exemple, la Région s’est engagée à travers les Agendas d’Accessibilité Programmée (Ad’AP), à mettre en accessibilité de façon prioritaire 33 points d’arrêt ferroviaires et 100 points d’arrêt routiers selon la Région Occitanie dans son édition Etats-Généraux du Rail et de l’Intermodalité de 2016. Des démarches au sein d’autres collectivités ont également été mises en place pour faciliter une mobilité inclusive.

Par exemple, le dispositif « mon métro d’image en image » mis en place par Tisséo Collectivités. Son objectif est de rendre le déplacement en métro des personnes en situation de handicap cognitif plus simple et plus autonome. Ainsi chaque station de métro est constituée d’un dessin distinct, simple, aisément repérable et nommable en seul mot, afin d’identifier la station rapidement et d’offrir une information accessible à tous.

7. Développer une offre multimodale et intermodale

Le développement d’une offre multimodale et intermodale en milieu urbain, périurbain et rural est nécessaire pour apporter à l’ensemble des territoires des solutions de mobilités autres que la voiture particulière. La Région Occitanie Pyrénées / Méditerranée en tant que chef de file de l’intermodalité, mène une politique d’encouragement et d’accompagnement à la création de Pôles d’Echanges Multimodaux (PEM) sur l’ensemble du territoire. L’objectif est de coordonner les différentes offres de transport sur un même site (réseau urbain, cars, modes doux, transport à la demande, covoiturage, etc.). En veillant à adapter les temps d’attente pour les correspondances, afin de faciliter l’usage. Ces PEM intègrent également des offres d’écomobilité (stationnement vélo, emplacements réservés au covoiturage, bornes de recharges électriques pour voitures et pour vélo, etc.) et d’écoconstruction (éclairage LED, végétalisation, etc.). S’inscrivant ainsi dans la trajectoire Région à énergie positive en 2050. Elle permet également de proposer aux territoires, même les moins desservis, une offre alternative la plus complète possible.

En conclusion, la prise en compte des inégalités territoriales et le déploiement de solutions de mobilité plus justes passent par la mise en place de dispositifs de gouvernance et de coopération communs

En effet, la coopération entre les Autorités Organisatrices de Mobilité (AOM) et la Région, deux échelons référents en matière de mobilité, est indispensable. De plus, à travers la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), une évolution est attendue afin de réduire les disparités territoriales en matière de mobilité. Les territoires aujourd’hui sans compétence « mobilité » et dépourvus d’offres de transports, dit en « zones blanches », représentent 80% du territoire national et 30% de la population total. Le projet de loi LOM a justement pour objectif de s’occuper de ces « zones blanches », en étendant la compétence mobilité à l’ensemble des intercommunalités du territoire à l’horizon 2021. Une compétence qui, si elle n’est pas prise par les intercommunalités, reviendra à la Région. La finalité de ce projet de loi est la couverture de l’ensemble du territoire par une Autorité Organisatrice de Mobilité. Cette nouvelle organisation devrait permettre de tendre vers des systèmes de mobilité bénéficiant à l’ensemble de la population.